Un trafic ordinaire !

 
Comme la grande majorité des pêcheurs de carpes, j’essaye d’appliquer le célèbre adage, « pour vivre heureux, vivons cachés ». Nous sommes tellement cachés que peu d’entre nous sont investis dans le monde associatif de la pêche. Et malheureusement la minorité visible ne plaide pas forcement en notre faveur. Aujourd’hui, je me sens dans l’obligation de sortir du bois. Pourquoi ?
 
 
Parce que nos carpes du domaine public foutent le camp, une a une, un trafic ordinaire qui touche toutes les eaux de France.
Nous, la grande majorité, avons toujours eu l’habitude de déléguer les problèmes, Glandin, Camou, l’UNCM, toujours la même poignée d’irréductibles sur laquelle nous nous sommes appuyés sans les aider, ou si peu. Ils ont fini par abandonner, las des querelles et du manque de considération de la masse, une image d’extrémiste, déjà.
Mais ils nous ont légué une loi, l’article L-436-16, Est puni d’une amende de 22500€ le fait pour un pêcheur amateur, de transporter vivante les carpes de plus de 60 centimètres.Une loi qui sonnait comme une grande victoire et qui n’est malheureusement, pour l’instant, qu’une illusion.Car une loi n’est valable que si elle est appliquée et connue. Nous avons cru que celle ci suffirait à dissuader, c’était une erreur. Le trafic s’est amplifié, vidant peu à peu nos eaux du public de leurs poissons.
Le trafic a différentes formes, mais toutes sont à combattre ardemment.

    
Étang privé qui se permet d’afficher cela sur sa buvette :
 
 
 Il y a le trafic le plus médiatique, malheureusement classique ou l’argent est seul roi. Celui du public vers le privé à péage.En échange de quelques billets ou d’un droit de pêche, les poissons s’envolent, finir leur vie la bouche défoncée, captives d’un milieu inconnu pour elles.

 
 

Comme cette grande commune du Rhône qui a fini a l’étang de l’amour blanc à Pommier de Beaurepaire (38)
 
 Il y a le trafic le plus médiatique, malheureusement classique ou l’argent est seul roi. Celui du public vers le privé à péage.En échange de quelques billets ou d’un droit de pêche, les poissons s’envolent, finir leur vie la bouche défoncée, captives d’un milieu inconnu pour elles.

Comme cette grande commune du Rhône qui a fini a l’étang de l’amour blanc à Pommier de Beaurepaire (38)
 
Contre ce type de trafic, une seule voie est possible, la justice.L’ensemble du dossier et dans les mains de la CATAC (Cellule Anti Trafic de l’Association CarpOuest) qui est train de réaliser les démarches juridiques adéquates.

 
 
 
Le deuxième type de trafic est plus ordinaire, des particuliers ont un étang, le Rhône (vous pouvez malheureusement remplacer Rhône par l’ensemble des eaux publiques) est à proximité, alors pourquoi payer des poissons alors que c’est si facile de les prendre gratuitement au domaine public.

Ignorance, bêtise ou réelle volonté de nuire, je ne suis pas juge, et c’est certainement un peu de tout cela qui conduit à retrouver de nouvelles carpes du Rhône dans un étang à action à l’année, l’étang Barbarin a Pisieu (38).Depuis la première médiatisation de cette Linéaire, nous avons les photos d’un autre poisson qui a aussi voyagé au même endroit.

J’espère que sur ce dossier « un compromis » sera trouvé avec le retour des poissons dans leurs milieux d’origine sous couvert de l’ONEMA et des fédérations du 38 et du 26.

 
 
Si les actionnaires refusent cette méthode, nous nous verrons dans l’obligation de porter une action en justice.
 
Le dernier trafic est celui de l’ignorance et la bêtise, des jeunes pêcheurs de carpes, sous couvert d’une autorisation du garde lui-même, transfert des poissons du Rhône vers un étang fédéral, l’étang de la Thiolière à Beausemblant (26)Sur ce dernier « trafic », l’Onema du 26 a été alerté pour que le garde local soit informé de la loi et cesse d’ »encourager » les transferts. En espérant que là aussi les poissons puissent retrouver leurs habitats d’origine.

Comme vous pouvez le constater sur ces exemples concrets, le trafic est partout et prend toutes les formes. Nous nous devons d’agir. La première action à mener et qui ne coûte rien, c’est un rappel à la loi massif de la part de l’ensemble des médias pêche, Gn carpe, magazines, sites internet, Blog, réseaux sociaux et pourquoi pas les marques d’articles de pêche.

On peut également demander à la FNPF d’annoter de matière claire et distincte la loi sur le dépliant accompagnant l’achat du permis de pêche. Il est impératif que le trafic par ignorance cesse.

 
 
Pour ces 5 poissons tracés, combien de centaines ont été volés ?De plus ces transferts occasionnent d’énormes risques sanitaires pour les eaux qui les « accueillent » comme la virémie printanière qui peut décimer des cheptels entiers en quelques semaines.
Pour le Trafic vers les privés, il n’y a pas d’autres transactions à avoir que l’application de la loi. Là aussi la CATAC mènent des actions sont avec les différents acteurs de la pêche en France afin qu’une jurisprudence soit établie et que les sanctions tombent.

Et pour les motivés, ceux qui veulent agir en local, engagez vous les APPMA, les CPS, c’est la pêche pour nos enfants qu’il faut défendre, car demain il sera trop tard.

 
Prenons en main la pêche de la carpe de demain.
 
 
Associations Alliance Pêche et la CATAC (CarpOuest)
 
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Ma vérité sur le transfert des carpes, par Dominique AUDIGUE

Dominique,
Les pêcheurs savent que tu n’as pas accepté les compromis, que la main qui conduit ta plume n’a jamais été guidée, si ce n’est par ta liberté morale, quasi insurrectionnelle, ce qui ne cadre pas avec la « presse » halieutico-publicitaire telle qu’elle est aujourd’hui. On le voit bien, la plupart des médias, que ce soit papier ou sites web, sont gangrenés par des intérêts personnels, financiers, les petits avantages. Rien n’est dit, rien n’est jamais dénoncé. Le trafic est partout, mais les instances font la sourde oreille en France depuis des années alors qu’en quelques semaines la CATAC croule sous les dossiers… On ne sait plus à quel saint se vouer pour obtenir un semblant de sincérité, j’allais dire, et le mot prend tout sons sens, d’honnêteté, voilà, d’honnêteté… Alors comme une évidence on a pensé à toi. Et avec notre amitié, sachant que tu ne mentiras pas, nous sommes allés te chercher dans ta cambrousse poitevine pour que tu nous donnes, le plus simplement du monde, ta vérité.

Ma vérité sur le transfert des carpes

S’agissant du transfert des carpes des eaux libres, lacs et rivières qui irriguent notre beau pays, vers des plans d’eau clos, je dirais d’emblée que c’est de l’ordre de l’escroquerie intellectuelle, en plus d’être d’une stupidité sans nom. En effet, comment peut-on imaginer qu’un poisson qui est né, il y a déjà de nombreuses années, dans un type d’eau qui a sa chimie propre et mystérieuse, puisse s’adapter ou à la rigueur survivre dans des eaux physico-chimiques totalement différentes ? Certains osent même les introduire dans des cloaques vaseux de quelques ares ! Une carpe trophée de plus de 10 kg transférée est condamnée à mort à relativement brève échéance. Plus elle sera grosse et plus vite elle mourra. Et c’est inéluctable ! Seuls les très petits poissons de quelques étés, de rivières ou de lacs, pourraient s’acclimater à des eaux closes à fonds généralement ou majoritairement vaseux. Et nous savons bien que ce ne sont pas ces poissons-là qui « voyagent ». Car comme toujours, dans cette affaire comme dans toutes celles du genre humain, c’est l’argent qui est le nerf de la guerre.

Pour quelques centaines d’euros, des « carpistes-collabos » se déshonorent dans ces déportations dont la finalité sera encore l’argent. Peu leur importe que « leurs » carpes y laissent la vie. Ils feindront d’ailleurs toujours de l’ignorer ! Ces poissons introduits à la sauvette font quand même l’objet d’un bouche à oreilles pour vanter que tel ou tel plan d’eau abrite tel ou tel spécimen ou pire nombre de spécimens. Tant qu’à faire mal autant le faire à grande échelle ! Il y a ce qui est fait et ce qui est dit : des carpes du domaine public arrivent, souvent préalablement « blanchies » chez un pisciculteur-véreux, et sont ajoutées à un cheptel déjà en surnombre. Ajoutées plutôt au véritable bouillon de culture que sont ces étangs de concentration.

C’est très vendeur de séjours de pêche que d’annoncer sur les dépliants ad hoc que dans des lieux de Pêche-Prison, que x spécimens et x tonnes de carpes « nagent », avant de surnager dans le plan d’eau! Quand ces poissons kidnappés en toute illégalité (c’est bon à rappeler peut-être?) survivent (il doit bien y avoir de la « casse ») au voyage qu’on leur impose, combien leur restent-ils de jours, de semaines ou au « pire » de mois à vivre ? Non pas au mieux, je dis au pire, la mort étant bien préférable à ce qui les attend ! Ces poissons-là, qui, il y a plusieurs dizaines d’années se sont extirpés d’un œuf dans une eau courante ou celle très riche en oxygène d’un lac, sortent de leur vraie vie pour entrer en survie, puis en agonie. Car c’est bien d’agonie qu’il s’agit pour ces déportés à écailles. Et tout ça pour que les tenanciers sans scrupules de ces pêcheries puissent vendre des « records personnels » frelatés et du mauvais rêve… à prix d’or! Ces Carpes, véritables joyaux de la nature où Elles étaient à l’origine, deviennent pour quelques temps des mortes-vivantes aux prises à tous les parasites, puis juste des fantômes car, une fois trépassées, elles seront évacuées discrètement et n’auront alors d’autre « existence » que fantomatique…et publicitaire. C’est aussi cela qui est vendu dans la plupart des eaux à finalité de pêche spécifique de la carpe. C’est surtout cela, du faux de l’archi-faux ! De l’escroquerie pure et simple et à tout point de vue.

« Les carpes-record se prennent uniquement là où elles ont passé toute leur vie… »

Je ne comprends pas pourquoi tant de gens, soi-disant carpistes, peuvent sortir de leurs poches autant d’argent pour se « mesurer » à des poissons qui ne savent plus nager, et encore moins pour ceux qui ne nageront jamais plus. Et pour cause ! Je n’ai qu’une possible hypothèse : ne s’agit-il pas juste d’une forme d’exhibitionnisme ? Notre pêche s’est-elle beaucoup démocratisée ces 25 dernières années ? Pas sûr que ce soit le mot qui convienne. Elle est devenue vulgaire, notre pêche ! Si je devais reconnaître un grand « mérite » aux pêcheries, ce serait qu’elles font le tri : elles drainent vers elles, les moins nobles et les moins exigeants des carpistes. Ce qui faisait dire, déjà en son temps, au docteur Sexe dans son célèbre livre La Carpe de Rivière: « que le nombre des « Purs », des « Vrais », des « Seuls » sera toujours très limité… ». J’aimerais croire que ce nombre, victime de pulsions assez primaires, augmentera, se rendant compte enfin qu’à vaincre (un poisson) sans péril, on triomphe pour une bien vaine gloire.

La pêche de la carpe, c’est pour moi, l’école de l’exigence et qu’il vaut mille fois mieux prendre moins et moins gros, voire ne rien prendre du tout de temps en temps, que de s’abandonner à la facilité, à la compromission de records de pacotille qui n’abusent plus personne sauf leur auteur peut-être…Les carpes-record, les vraies, les authentiques, se prennent uniquement où elles ont passé toute leur vie. Et des vrais records, toutes les eaux libres de France en recèlent par milliers qui ne verront jamais un hameçon et qui pourraient être, chacune d’elles, le record d’un seul pêcheur, pas celui d’une légion de « carpistes » peu regardants. Pêcher la carpe, c’est respecter les carpes et c’est aussi se respecter soi-même. Mais on fait comme on peut… Nous n’avons pas tous, force est de le constater, les mêmes valeurs…

                                                                                                              Dominique AUDIGUE

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