Interview du CEFAS par la CATAC (UNCL)

Bonjour Jon, afin que les lecteurs français vous connaissent mieux, pouvez-vous nous dire ce qu’est le CEFAS, quel est son rôle sur le territoire anglais ?

Jon Holland – Senior Fush Health Inspector

Jon Holland – Senior Fush Health Inspector

Le CEFAS est l’administration compétente en Angleterre & Pays de Galles pour la prévention de la propagation des maladies à déclaration obligatoire chez les poissons à l’état sauvage et en aquaculture. Les maladies à déclaration obligatoire sont très graves, elles provoquent une mortalité à grande échelle et sont généralement impossibles à traiter. Nous surveillons la santé des poissons dans l’ensemble de nos rivières, les lacs et les exploitations piscicoles. Cela inclut tous les pêcheries de la carpe.

Les français ont pour souvenir le dossier du port de Douvres, pouvez-vous nous expliquer cette saisie, le nombre de carpes, mais aussi nous estimer ce préjudice ?

UNCL CEFAS

En février 2010, les inspecteurs de Cefas ont été appelé aux quais de Douvres afin d’intercepter un camion qui avait été arrêté par la douane. Nous avions eu quelques renseignements très flous suggérant qu’il y avait peut-être un convoi de grosses carpes importées illégalement depuis la France, mais nous ne possédions que très peu de détails. Un camion avait été arrêté parce que l’agent avait noté qu’il était sorti en France depuis moins de 24 heures et qu’il avait déclaré des machines de fraisage de papier comme cargaison dans les deux sens, ce qui était très inhabituel.

Lors de l’inspection, 4 réservoirs ont été trouvé, cachés derrière les machines dans le dispositif d’attelage. Chaque réservoir avait son propre système d’approvisionnement en oxygène et était enveloppé dans des couches de polyéthylène noir. Les réservoirs, des carrés d’environ 1m, contenaient jusqu’à 40 poissons. 120 poissons ont été retrouvés au total. Le plus petit pesait 14,5 kg, le plus gros pesait 27,5 kg. La plupart d’entre eux pesaient environ 16 à 17kg.

Trafic de carpes arrêtés à Douvres

Les poissons ont été euthanasiés et testés pour déceler la présence de maladies. Dans ce cas les poissons n’avaient aucun signe de maladie à déclaration obligatoire (plus précisément la virémie printanière de la carpe). Cependant de nombreuses expéditions que nous avons arrêté dans le passé étaient porteuses du virus.

Le Royaume-Uni est déclaré indemne de Virémie printanière et, à ce titre, opère un contrôle très strict des poissons vivants qui sont importés dans le pays. Tous les poissons qui sont sensibles à la SVC doivent provenir d’un pays qui est indemne de ce virus et ils doivent être accompagnés d’un certificat de santé signé par le fonctionnaire de l’administration compétente dans le pays d’origine.

Le CEFAS et l'UNCL travaillent activement afin de mettre un frein à ce fléau.

Le CEFAS et l’UNCL travaillent activement afin de mettre un frein à ce fléau.

En France la SVC n’est pas à déclaration obligatoire (de même que dans la plupart des pays en Europe continentale). La maladie est trop répandue pour essayer de l’éliminer. Parce qu’elle est présente dans les eaux depuis des générations, la plupart des carpes Françaises porteront un certain degré d’immunité contre le virus.

Les stocks de poissons sauvages au Royaume-Uni n’ont aucune immunité au virus et toute infection venant d’Europe se répandrait très rapidement et décimerait les populations de poissons sauvages (la SVC tue également les brochets, carassins, tanches, rotengle et les amours). Le coup sur l’effet d’une perte de notre statut d’indemne de SVC serait l’effondrement de nos propres élevages de carpe.


Nous vous remercions d’avoir répondu positivement à notre invitation afin d’aller rencontrer la FNPF ensemble et aussi présenter cette problématique qu’est ce fléau. Qu’avez-vous pensé de cette rencontre ?

La réunion de Paris a été une excellente occasion pour toutes les parties intéressées de se réunir et de présenter les problèmes de notre propre point de vue. Je ne pense pas que beaucoup de pêcheurs en France se rendent compte de la valeur d’une carpe de 25kg sur le marché noir au Royaume-Uni. À cause de cette valeur élevée, le trafic attire des groupes criminels très organisés qui ont des relations d’affaires dans la drogue, le blanchiment d’argent et le trafic d’armes. Des individus malveillants et intimidants liés au grand banditisme s’y intéressent de près.

Trafic de Carpes Douvres

Le CEFAS a historiquement eu des difficultés pour obtenir l’écoute des autorités Françaises et les présenter le problème du point de vue britannique ; la réunion de Paris fut une occasion en or pour faire passer notre message. Grâce à des liens que nous avions avec l’UNCL, nous avons pu obtenir un siège à la table. J’espère qu’à l’issue de la réunion, le sentiment général sera que nous pouvons tous travailler ensemble pour être beaucoup plus efficaces pour lutter contre le trafic.

Concernant les carpes qui passent la frontière vers l’Angleterre, quel est son prix d’achat illégal ?

Une carpe de 20kg peut atteindre entre 8 et 12000 £ et une 25kg peut se négocier jusqu’à 15 à 20000 £ au Royaume-Uni. Pour 30 kg + c’est « donnez votre prix » !

Que diriez-vous afin de soutenir l’UNCL est sa cellule CATAC ?

L’UNCL/CATAC entreprend un rôle vital en France – évidemment de mon point de vue -, il est possible de travailler ensemble pour s’assurer que les grosses carpes Françaises restent en France pour tous les pêcheurs. Mais, bien sûr comme dans tout pays, les pêcheurs ont besoin d’une voix collective. Au Royaume-Uni, nous avons le « Angling Trust ». Si l’UNCL peut être la voix pour les carpistes Français, alors c’est une très bonne nouvelle. L’histoire nous a montré au Royaume-Uni que quelques voix de pêcheurs essayant d’obtenir les changements au niveau ministériel n’ont absolument aucun effet. Mais avec un seul organisme professionnel, qui représente les voix de dizaines de milliers de pêcheurs, alors vous pouvez vraiment obtenir les choses.


Quels sont les risques sanitaires de transfert de carpes vers votre pays ?

Trafic Carpe Douvres

Comme je l’ai déjà mentionné, la SVC (virémie printanière) est généralisée en France et dans le reste de l’Europe continentale. Le virus menace peu en dehors d’apparitions occasionnelles. Au Royaume-Uni, le virus a été éradiqué complètement en 2010 et il y n’a eu aucun foyer depuis. Les incinérations en aquaculture ont entraîné l’élimination complète des sites infectés. Dans la nature, l’éradication est l’option préférée, mais elle n’est bien-sûr pas toujours possible en raison de la taille du plan d’eau en question. Les contrôles visant à lutter contre l’importation de carpes de zones abritant la SVC protègent non seulement nos stocks sauvages, mais aussi notre industrie aquacole. Sans ces contrôles, les gens seraient libres d’importer des carpes de n’importe où et sans certificats de santé. Ce serait catastrophique et détruirait l’industrie de l’aquaculture britannique du jour au lendemain.


Qui finance vos investigations, votre cellule, est-ce l’état ?

Le CEFAS est financé entièrement par le gouvernement du Royaume-Uni

Quels sont vos objectifs concernant le trafic de poissons ?

Notre objectif est simple. Arrêter le trafic. Dans un monde idéal, ces poissons n’auraient même pas atteint les rives britanniques. Les amendes en France pour trafic sont beaucoup plus élevées que dans le Royaume-Uni et un effet dissuasif beaucoup plus grand pour les trafiquants. Si on considère la cargaison déjà mentionnée de 2010 arrêté à Douvres, ses responsables ont été condamnés à des amendes de 5000 £ : à peine la valeur d’un poisson.

Si cette cargaison avait été arrêtée en France et poursuivie puis condamné en vertu de vos lois sur le trafic, le transport de carpes, la commercialisation illégale des poissons, la valeur d’une carpe sur le territoire français, les risques sanitaires…, la condamnation sur la totalité des prises ainsi que les divers préjudices et autres auraient pu atteindre environ 3,2 millions d’€uros !

4 bacs pour transporter plus de 120 carpes !!!

4 bacs pour transporter plus de 120 carpes !!!

C’est pourquoi je suis désireux de travailler avec toute organisation Française pour s’assurer que les grosses carpes Françaises restent dans les eaux Françaises. Le pire résultat pour toutes les parties concernées, c’est que les poissons se retrouvent au Royaume-Uni où ils devront être tués. S’ils sont arrêtés avant la manche (par exemple à Calais ou Coquelles), nous aurons de chances de pouvoir les retourner d’où ils venaient, et nous serons en mesure de poursuivre les coupables en vertu de la législation du Royaume-Uni (l’intention de commettre une infraction) et de vos lois contre le trafic. Lorsque la peine correspond au crime, nous pouvons avoir une chance d’arrêter ce commerce.

Lors de la prochaine assemblée générale de l’UNCL qui aura lieu en fin d’année 2014, plusieurs Fédérations de pêche françaises seront invitées, ainsi que bien d’autres entités, nous vous y inviterons par cette interview….. Que pensez-vous de présenter votre travail aux personnes présentes à cette assemblée générale ?

Absolument.

Le CEFAS et l’UNCL ont créé un partenariat, d’autres sont en discussion, pensez-vous que cette union pourrait devenir Européenne ?

Des bacs avec oxygène ...

Des bacs avec oxygène …

Cela doit être notre but ultime. Les poissons ne sont pas seulement volés en France. Ça se passe en Allemagne, Croatie, Italie, Belgique, Roumanie pour nommer que ces pays. Un réseau d’enquêteurs Européen, pour les délits de la pêche serait fantastique, mais nous devons aussi être réalistes. Ce n’est pas en haut de la liste des priorités gouvernementales et c’est un dur combat pour obtenir l’écouté de beaucoup de gouvernements.

Ça fait 14 ans que je viens en France pour essayer d’obtenir une audience avec n’importe quel organisme ou autorité Français qui sont concernés par la pêche et l’environnement. Je suis très reconnaissant à UNCL d’avoir nous invités à la réunion le 5 février pour que nous puissions présenter notre vision de cette histoire de trafic. Si nous pouvons le faire dans le reste de l’Europe alors ça serait encore mieux !

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La vérite sur la vidange de Soulage par l’AAPPMA locale

DOSSIER VIDANGE DE SOULAGE

Afin de soutenir l’AAPPMA de la Truite du Gier dans le combat du sauvetage de la faune et de la flore sur la vallée du Gier, l’UNCL a souhaité diffuser ce communiqué afin de rétablir la vérité sur le protocole de vidange qui n’a pas été respecté, et le risque de perdre environ 4 tonnes (suite à une estimation) sur le bassin aval du barrage, ainsi que de nombreux autres points qui n’ont malheureusement pas été respectés.

Soulage, la vérité

La vérité par l’AAPPMA DE SAINT CHAMOND

Consultation en Mairie le 21.02.2013

Renseignements techniques :

– Longueur : 40 m
– Largeur : 20 m
– Capacité : 2.6 M/m3
– Cote NGF Barrage plein : 483.60
– Cote NGF d’arasage de la conduite : 449.30
– Vitesse Maxi d’évacuation : 250 m3/s
– Prélèvement moyen d’exploitation : 20 L/s soit 2.9 m3/s

Problèmes liés à la vidange :

– Définition du toboggan de récupération en aval
– Position des grilles (Placage des poissons).
– Risque majeur de descente des sédiments en aval du barrage (Volume estimé à 27600m3).
– Cote de toit des sédiments = 448.5 NGF. Environ 80 cm
– Dimensionnement des tuyaux d’évacuation (Diamètre 600 mm).
– Vanne de vidange : Papillon
Récupération des poissons en aval
Cote NGN de fond du bassin environ 447
– Risque de colmatage du Gier aval classé en 1ere catégorie piscicole
– Récupération du poisson en amont (estimé à 4 t)
– Enlèvement des sédiments en queue de barrage (préconisé par cabinet SESAM dans l’étude d’impact)

TITRE II – PRESCRIPTION –
DU PROJET ARRETE PREFECTORAL N° DT-13-372 PORTANT AUTORISATION AU TITRE DE L’ ARTICLE L 234-3 DU CODE DE L’ ENVIRONNEMENT CONCERNANT LA VIDANGE DU BARRAGE DE SOULAGE .
Article 2 – Prescriptions spécifiques

2.1 Scénario de l’opération

La vidange sera effectuée par la vidange de fond jusqu’à la cote 449.30m NGF. Le début de vidange est prévue en avril 2013. Elle sera dans tous les cas interdite entre le 1er décembre et le 31 mars.
Du début de vidange à la cote atteinte de 455m NGF la vitesse d’abaissement du plan d’eau doit être inférieure à 4 cm/ h (96 cm/ jour). A partir de la cote 455NGF ≤ 4 cm/h.
Fin de vidange vitesse d’abaissement ≤ 1 cm/h

Les relevés effectués par l’AAPPMA de Saint Chamond (Document de relevés joint) montrent que le protocole n’a pas été respecté).
Le Jeudi 30 mai à 8h50Un agent de l’ONEMA a constaté une densité très importante de sédiments en aval de la retenue. Il semblerai, (l’AAPPMA de Saint Chamond et la Fédération Départementale de Pêche de la Loire ne sont pas informés), que les prélèvements effectués aux points 1 et 2 soient mauvais.

Tableau vidange Soulage

AAPPMA de Saint Chamond

Ma vérité sur le transfert des carpes, par Dominique AUDIGUE

Dominique,
Les pêcheurs savent que tu n’as pas accepté les compromis, que la main qui conduit ta plume n’a jamais été guidée, si ce n’est par ta liberté morale, quasi insurrectionnelle, ce qui ne cadre pas avec la « presse » halieutico-publicitaire telle qu’elle est aujourd’hui. On le voit bien, la plupart des médias, que ce soit papier ou sites web, sont gangrenés par des intérêts personnels, financiers, les petits avantages. Rien n’est dit, rien n’est jamais dénoncé. Le trafic est partout, mais les instances font la sourde oreille en France depuis des années alors qu’en quelques semaines la CATAC croule sous les dossiers… On ne sait plus à quel saint se vouer pour obtenir un semblant de sincérité, j’allais dire, et le mot prend tout sons sens, d’honnêteté, voilà, d’honnêteté… Alors comme une évidence on a pensé à toi. Et avec notre amitié, sachant que tu ne mentiras pas, nous sommes allés te chercher dans ta cambrousse poitevine pour que tu nous donnes, le plus simplement du monde, ta vérité.

Ma vérité sur le transfert des carpes

S’agissant du transfert des carpes des eaux libres, lacs et rivières qui irriguent notre beau pays, vers des plans d’eau clos, je dirais d’emblée que c’est de l’ordre de l’escroquerie intellectuelle, en plus d’être d’une stupidité sans nom. En effet, comment peut-on imaginer qu’un poisson qui est né, il y a déjà de nombreuses années, dans un type d’eau qui a sa chimie propre et mystérieuse, puisse s’adapter ou à la rigueur survivre dans des eaux physico-chimiques totalement différentes ? Certains osent même les introduire dans des cloaques vaseux de quelques ares ! Une carpe trophée de plus de 10 kg transférée est condamnée à mort à relativement brève échéance. Plus elle sera grosse et plus vite elle mourra. Et c’est inéluctable ! Seuls les très petits poissons de quelques étés, de rivières ou de lacs, pourraient s’acclimater à des eaux closes à fonds généralement ou majoritairement vaseux. Et nous savons bien que ce ne sont pas ces poissons-là qui « voyagent ». Car comme toujours, dans cette affaire comme dans toutes celles du genre humain, c’est l’argent qui est le nerf de la guerre.

Pour quelques centaines d’euros, des « carpistes-collabos » se déshonorent dans ces déportations dont la finalité sera encore l’argent. Peu leur importe que « leurs » carpes y laissent la vie. Ils feindront d’ailleurs toujours de l’ignorer ! Ces poissons introduits à la sauvette font quand même l’objet d’un bouche à oreilles pour vanter que tel ou tel plan d’eau abrite tel ou tel spécimen ou pire nombre de spécimens. Tant qu’à faire mal autant le faire à grande échelle ! Il y a ce qui est fait et ce qui est dit : des carpes du domaine public arrivent, souvent préalablement « blanchies » chez un pisciculteur-véreux, et sont ajoutées à un cheptel déjà en surnombre. Ajoutées plutôt au véritable bouillon de culture que sont ces étangs de concentration.

C’est très vendeur de séjours de pêche que d’annoncer sur les dépliants ad hoc que dans des lieux de Pêche-Prison, que x spécimens et x tonnes de carpes « nagent », avant de surnager dans le plan d’eau! Quand ces poissons kidnappés en toute illégalité (c’est bon à rappeler peut-être?) survivent (il doit bien y avoir de la « casse ») au voyage qu’on leur impose, combien leur restent-ils de jours, de semaines ou au « pire » de mois à vivre ? Non pas au mieux, je dis au pire, la mort étant bien préférable à ce qui les attend ! Ces poissons-là, qui, il y a plusieurs dizaines d’années se sont extirpés d’un œuf dans une eau courante ou celle très riche en oxygène d’un lac, sortent de leur vraie vie pour entrer en survie, puis en agonie. Car c’est bien d’agonie qu’il s’agit pour ces déportés à écailles. Et tout ça pour que les tenanciers sans scrupules de ces pêcheries puissent vendre des « records personnels » frelatés et du mauvais rêve… à prix d’or! Ces Carpes, véritables joyaux de la nature où Elles étaient à l’origine, deviennent pour quelques temps des mortes-vivantes aux prises à tous les parasites, puis juste des fantômes car, une fois trépassées, elles seront évacuées discrètement et n’auront alors d’autre « existence » que fantomatique…et publicitaire. C’est aussi cela qui est vendu dans la plupart des eaux à finalité de pêche spécifique de la carpe. C’est surtout cela, du faux de l’archi-faux ! De l’escroquerie pure et simple et à tout point de vue.

« Les carpes-record se prennent uniquement là où elles ont passé toute leur vie… »

Je ne comprends pas pourquoi tant de gens, soi-disant carpistes, peuvent sortir de leurs poches autant d’argent pour se « mesurer » à des poissons qui ne savent plus nager, et encore moins pour ceux qui ne nageront jamais plus. Et pour cause ! Je n’ai qu’une possible hypothèse : ne s’agit-il pas juste d’une forme d’exhibitionnisme ? Notre pêche s’est-elle beaucoup démocratisée ces 25 dernières années ? Pas sûr que ce soit le mot qui convienne. Elle est devenue vulgaire, notre pêche ! Si je devais reconnaître un grand « mérite » aux pêcheries, ce serait qu’elles font le tri : elles drainent vers elles, les moins nobles et les moins exigeants des carpistes. Ce qui faisait dire, déjà en son temps, au docteur Sexe dans son célèbre livre La Carpe de Rivière: « que le nombre des « Purs », des « Vrais », des « Seuls » sera toujours très limité… ». J’aimerais croire que ce nombre, victime de pulsions assez primaires, augmentera, se rendant compte enfin qu’à vaincre (un poisson) sans péril, on triomphe pour une bien vaine gloire.

La pêche de la carpe, c’est pour moi, l’école de l’exigence et qu’il vaut mille fois mieux prendre moins et moins gros, voire ne rien prendre du tout de temps en temps, que de s’abandonner à la facilité, à la compromission de records de pacotille qui n’abusent plus personne sauf leur auteur peut-être…Les carpes-record, les vraies, les authentiques, se prennent uniquement où elles ont passé toute leur vie. Et des vrais records, toutes les eaux libres de France en recèlent par milliers qui ne verront jamais un hameçon et qui pourraient être, chacune d’elles, le record d’un seul pêcheur, pas celui d’une légion de « carpistes » peu regardants. Pêcher la carpe, c’est respecter les carpes et c’est aussi se respecter soi-même. Mais on fait comme on peut… Nous n’avons pas tous, force est de le constater, les mêmes valeurs…

                                                                                                              Dominique AUDIGUE

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